Une bâche opaque épuise les herbes faute de lumière, sans toucher à la vie du sol

Poser une bâche opaque sur une parcelle affaiblit les herbes faute de lumière et épargne la vie du sol.

Sandrine Ollivier Par Sandrine Ollivier
Une bâche opaque épuise les herbes faute de lumière, sans toucher à la vie du sol
Photo d’illustration. Préparation de la terre et plantation dans un potager nettoyé des herbes indésirables.

En bref

  • L’occultation consiste à couvrir le sol d’une bâche noire opaque pour priver les plantes de lumière.
  • Quelques semaines suffisent contre certaines annuelles, plusieurs mois peuvent être nécessaires contre les vivaces.
  • Après le retrait de la bâche, on plante sans retourner la terre, avec du compost mûr et un paillage.

Une simple bâche posée sur la terre peut remplacer des heures de désherbage. Cette technique, l’occultation du sol, retire aux végétaux la lumière dont ils ont besoin : sous une couverture parfaitement opaque, les plantes s’épuisent peu à peu, faute de photosynthèse. C’est ce que détaille aujardin.info, qui y voit une façon de préparer les futures plantations en limitant l’effort.

Un principe doux pour le sol vivant

L’atout majeur de la méthode tient à ce qu’elle évite de retourner systématiquement la terre. Vers de terre, champignons et micro-organismes poursuivent leur travail dans un sol moins perturbé. Le bêchage, lui, a un défaut : il fait remonter des graines adventices enfouies en profondeur, que l’occultation a moins tendance à réveiller.

Il ne faut pas la confondre avec la solarisation. Celle-ci recourt généralement à un film transparent pour chauffer fortement le sol. Ici, la bâche opaque agit en supprimant la lumière.

Poser la bâche sans erreur

Aucun matériel coûteux ni savoir-faire particulier n’est requis. Il faut une bâche noire résistante, assez épaisse pour qu’aucune lumière ne la traverse. Le terrain doit d’abord être débarrassé des végétaux trop hauts, afin que la couverture épouse bien la surface sans laisser d’ouvertures.

  1. Couper les herbes hautes avant de couvrir la parcelle.
  2. Étendre la bâche pour qu’elle épouse le terrain, sans ouverture.
  3. Maintenir les bordures avec des pierres ou des sacs de sable.
  4. Vérifier régulièrement que le vent ne soulève pas la bâche.

Mieux vaut aussi écarter les bâches dégradées : elles risquent de laisser des fragments plastiques dans la terre.

Combien de temps laisser en place

La durée dépend de ce que l’on veut éliminer. Le résultat varie avec la végétation présente, les températures et le temps dont on dispose.

Type d’herbes Durée d’occultation
Certaines annuelles, en période favorable Trois à six semaines peuvent suffire
Vivaces comme le chiendent ou le liseron Plusieurs mois parfois nécessaires, car leurs organes souterrains résistent

Retirer la bâche et planter

Une fois la couverture enlevée, la parcelle montre en général bien moins de végétation. On ôte les résidus gênants et on nivelle légèrement la surface. Inutile de bêcher en profondeur : ce geste ramènerait des graines indésirables dans les premiers centimètres.

Avant d’installer les légumes, on vérifie l’humidité de la terre et on apporte du compost mûr si le sol en a besoin. Un paillage organique vient ensuite couvrir la surface après les plantations. Pour approfondir ce geste, voir notre article sur l’arrosage économe en eau.

Quand l’utiliser, et jusqu’où compter dessus

L’occultation trouve sa place sur une parcelle momentanément libre, entre deux cultures ou avant les plantations de printemps. Sur les terrains argileux, elle limite des interventions mécaniques parfois difficiles.

Elle ne règle pourtant rien définitivement : le vent ou les oiseaux peuvent apporter de nouvelles graines. D’où l’intérêt d’un paillage de surface et d’une surveillance régulière. La technique gagne à être associée au compostage, au paillage et à des cultures adaptées aux saisons. L’objectif reste de réduire les travaux les plus pénibles, pas de supprimer tout entretien.

Photo : Kampus Production / Pexels

Sandrine Ollivier

Sandrine Ollivier

Sandrine Ollivier a travaillé dans une pépinière de la vallée de la Loire, du rempotage au conseil en magasin. Elle écrit sur le jardinage au fil des saisons et sur l'entretien des bassins et piscines de jardin : semis, taille, arrosage, sol et calendrier. Elle note chaque année la date de ses premières tomates.