Un légume qui reste dix ans au même endroit demande un plan avant d’être planté

Topinambour, chou de Daubenton, rhubarbe ou ail rocambole reviennent d’eux-mêmes, mais certaines variétés s’étendent vite si on ne canalise pas leur croissance.

Jean-Marc Tardieu Par Jean-Marc Tardieu
Un légume qui reste dix ans au même endroit demande un plan avant d’être planté
Photo d’illustration. Des légumes à feuilles vertes poussent dans des bacs de culture aménagés au potager.

En bref

  • Une plante perpétuelle reste en place des années grâce à des racines profondes ou à son ressemis spontané.
  • Trois familles existent : bulbeuses, annuelles à ressemis et strictement vivaces.
  • Les vivaces se placent en bordure de parcelle ou en bac pour préserver la rotation des cultures.
  • Un tuteur planté à l’automne évite de retourner la terre sur les plantes disparues en hiver.

Semer chaque printemps n’est pas une fatalité : certaines plantes comestibles restent en place des années et reviennent d’elles-mêmes. D’après aujardin.info, on appelle légume perpétuel une espèce comestible qui, après son installation, demeure au potager durant de longues années, sans réclamer de gros travaux.

Pourquoi ces plantes durent

Leur longévité tient à deux mécanismes : un système racinaire profond, ou une capacité à se ressemer spontanément. Le jardinier dépense moins en semences ou en plants et n’a plus à bêcher en profondeur à chaque retour du printemps, ce qui préserve la structure du sol et la vie qu’il abrite.

Ces légumes se montrent aussi robustes face aux maladies courantes et très rustiques. Revers de la médaille : certaines variétés peuvent devenir envahissantes si l’on ne canalise pas leur croissance. Il vaut donc mieux réfléchir à leur place avant de les installer.

Trois familles à distinguer

On compte d’abord les plantes bulbeuses, qui se multiplient sous terre, puis les annuelles à ressemis spontané abondant, enfin les strictement vivaces, capables de produire pendant plus de dix ans.

Certaines de ces plantes disparaissent de la vue durant l’hiver, mais survivent grâce à leurs réserves souterraines ou à la dissémination de leurs graines. Elles réapparaissent aux premiers redoux, sans qu’il soit nécessaire de préparer des godets en serre.

Les vivaces supportent les fortes gelées comme les canicules grâce à un enracinement profond. Elles occupent la même place pendant une décennie ou davantage. Mieux vaut les loger sur le pourtour du potager ou dans un contenant réservé, afin de ne pas gêner la rotation des cultures annuelles.

Choisir l’espèce selon son terrain

Plante Ce qu’on récolte Sol et exigences
Ail rocambole Bulbilles comestibles sur les tiges aériennes, cueillies selon les besoins Terrain très bien drainé pour éviter le pourrissement hivernal, exposition ensoleillée
Amarante Jeunes feuilles cuisinées comme des épinards Se ressème seule si le sol reste frais
Arroche Feuilles, avant la montée en graines Pousse dans la grande majorité des terres de jardin
Topinambour Tubercules au goût d’artichaut, chaque automne Prospère même en terre pauvre ou argileuse
Crosne Rhizomes croquants au goût de noisette Petite plante qui réapparaît chaque année
Chou de Daubenton Jeunes pousses presque toute l’année Ne monte jamais en graines, la touffe s’élargit
Rhubarbe, oseille épinard Récoltes pendant plus de dix ans Substrat riche en matière organique, arrosage minimal en été

L’arroche, surnommée l’épinard du pauvre, se cueille avant que ses graines ne montent. Le topinambour offre en prime, en fin de saison, des fleurs jaunes mellifères qui attirent les pollinisateurs.

L’ail rocambole fournit ses petites têtes aériennes au fil des besoins de la cuisine, tandis que le chou de Daubenton, dont la touffe grossit avec les années, fournit du feuillage presque en continu. La rhubarbe et l’oseille épinard complètent cette palette avec des récoltes qui durent plus de dix ans dans un substrat bien enrichi.

Les gestes pour bien les installer

  • Réfléchissez à l’emplacement avant de planter : les vivaces resteront dix ans ou plus au même endroit.
  • Cantonnez les variétés envahissantes sur le pourtour du potager ou dans un bac.
  • Multipliez le chou de Daubenton par une bouture de tige au printemps.

Pour protéger le sol entre ces cultures, le paillage du potager reste un complément utile.

Photo : Agung Sutrisno / Pexels