Jardinage

Grues, cigognes et hirondelles quittent l’Europe en octobre

Ce n’est pas le froid qui pousse les migrateurs vers le sud, mais la disette d’insectes et des jours plus courts.

Bernadette Rivoal Par Bernadette Rivoal
Grues, cigognes et hirondelles quittent l’Europe en octobre
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Cet automne, grues cendrées, cigognes blanches et hirondelles rustiques quittent l’Europe pour le sud, rappelle aujardin.info dans un guide publié le 10 octobre 2026.

En bref

  • La raréfaction de la nourriture, surtout des insectes, déclenche le départ, davantage que la baisse des températures.
  • Grues et cigognes exploitent les courants thermiques, les petits passereaux voyagent souvent de nuit.
  • Un point haut dégagé, une application de comptage ou l’écoute nocturne suffisent pour suivre le passage.
  • Sureau et aubépine offrent des haltes aux oiseaux fatigués.

La faim plutôt que le froid

On imagine volontiers les oiseaux fuyant les premières gelées. Pourtant, selon le site aujardin.info, ce qui déclenche réellement le voyage, c’est l’effondrement des ressources alimentaires. Les espèces qui ne mangent que des insectes sont les premières concernées : quand les proies disparaissent, rester n’est plus possible.

Un second signal agit en coulisse. À mesure que les journées raccourcissent, la photopériode bouleverse l’équilibre hormonal des oiseaux. Il en résulte une agitation nocturne bien connue des ornithologues, baptisée Zugunruhe, qui précède et accompagne le départ.

Tous ne partent pas. Les granivores et les omnivores, qui trouvent encore graines et nourriture variée, ont tendance à demeurer sur place ou à se contenter de trajets plus courts. C’est ce qui explique qu’une partie des visiteurs habituels du jardin reste visible tout l’hiver.

Planeurs géants et petits voyageurs de l’extrême

Les grands oiseaux misent sur l’économie d’énergie. La Grue cendrée, qui traverse la France à l’automne, s’appuie sur les courants thermiques ascendants pour gagner de l’altitude sans battre des ailes en continu, en route vers l’Espagne ou l’Afrique du Nord. Son vol en V a une fonction précise : les individus placés derrière subissent moins la résistance de l’air, tandis que les plus aguerris se succèdent en tête pour partager la fatigue.

La Cigogne blanche suit une logique proche. Elle franchit la mer là où les courants chauds sont les plus forts, au détroit de Gibraltar ou au Bosphore, deux passages qui concentrent ses flux.

Chez les passereaux, les distances laissent rêveur.

15 000 kmenviron, c’est le trajet de certains Traquets motteux entre le nord de l’Europe ou de l’Amérique et l’Afrique subsaharienne

L’Hirondelle rustique, que l’on voit se rassembler sur les fils électriques à la fin de septembre, se déplace plutôt de jour. Comme elle capture des insectes en plein vol, elle n’a guère besoin de longues pauses. À l’inverse, beaucoup de petites espèces fragiles préfèrent la nuit, pour éviter les prédateurs et voler dans une air plus frais. Elles se guident alors grâce aux étoiles et au champ magnétique de la Terre.

Suivre le passage depuis chez soi

Nul besoin de rejoindre une réserve lointaine pour assister au spectacle. Plusieurs approches se complètent :

  • s’installer sur un point haut et dégagé par une belle matinée d’octobre ;
  • consulter l’application Trektellen, qui publie des comptages de migrateurs en temps réel ;
  • tendre l’oreille la nuit pour capter les cris de contact des grives et des rougegorges qui passent au-dessus des toits ;
  • regarder les images des radars météorologiques, capables de révéler d’immenses nuées de migrateurs que l’œil ne distingue pas.

Des baies pour les haltes au jardin

Le jardin a aussi son rôle à jouer pendant cette période. Des arbustes à baies comme le sureau ou l’aubépine fournissent aux oiseaux épuisés une étape où reprendre des forces avant de repartir. Pour composer ces plantations, notre article sur les petits fruitiers pour jardin donne des pistes adaptées aux surfaces réduites.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Kampus Production. Licence Pexels.