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Feuilles mortes au jardin, un trésor à ne pas jeter

Paillis, compost, terreau, protection hivernale et refuge pour la faune : toutes les façons de réutiliser ce que l’arbre laisse au sol, et les précautions à connaître.

Jean-Marc Tardieu Par Jean-Marc Tardieu
Feuilles mortes au jardin, un trésor à ne pas jeter
Les feuilles mortes tombées sur la pelouse peuvent devenir un paillis, un compost ou un abri pour la petite faune.

Chaque automne, le même réflexe revient : ratisser, ensacher et envoyer les feuilles mortes à la déchetterie. C’est dommage, car elles constituent l’une des ressources les plus précieuses du jardin, gratuite et renouvelée chaque année. Bien utilisées, elles nourrissent le sol, protègent les plantes et accueillent la petite faune. Voici comment en tirer le meilleur parti.

En bref

  • C’est dommage, car elles constituent l’une des ressources les plus précieuses du jardin, gratuite et renouvelée chaque année.
  • Si vous disposez d’une bonne quantité de feuilles, vous pouvez en faire un terreau à part.
  • La prochaine fois que les feuilles tapisseront votre pelouse, pensez à elles comme à une matière première plutôt que comme un déchet.

Un paillis naturel pour protéger le sol

L’usage le plus simple consiste à étaler les feuilles directement au pied des arbustes, dans les massifs ou entre les rangs du potager. Elles forment une couverture qui limite la pousse des mauvaises herbes, garde l’humidité et protège la terre du gel et des pluies battantes. En se décomposant lentement, elles libèrent peu à peu des éléments nutritifs, exactement comme le fait l’humus en forêt.

Pour que ce paillis reste efficace, évitez les couches trop épaisses et trop tassées, qui s’agglutinent et empêchent l’air de circuler. Les feuilles broyées, par exemple passées sous la tondeuse, se placent mieux, se décomposent plus vite et ne s’envolent pas au premier coup de vent.

Un ingrédient de choix pour le compost

Dans un composteur, les feuilles mortes jouent le rôle de matière brune, riche en carbone. Elles équilibrent les matières vertes, comme les tontes de pelouse ou les épluchures, qui sont plus humides et riches en azote. Sans cet apport, un tas de compost a tendance à devenir pâteux et à sentir mauvais. Alterner les couches de feuilles et de déchets de cuisine donne un mélange aéré, qui se transforme en un terreau souple et sombre.

Le terreau de feuilles, un amendement économique

Si vous disposez d’une bonne quantité de feuilles, vous pouvez en faire un terreau à part. Il suffit de les entasser dans un coin, dans un enclos de grillage ou dans des sacs percés, de les humidifier si elles sont sèches et d’attendre. La transformation est lente, il faut s’armer de patience et parfois attendre la saison suivante, mais le résultat est un amendement léger et friable, excellent pour améliorer un sol lourd ou retenir l’eau dans un sol sableux. Il se mélange volontiers aux terreaux de semis ou de rempotage.

Une couverture pour l’hiver

Les feuilles servent aussi de manteau. Placées autour des plantes sensibles au froid, au pied des rosiers, des vivaces fragiles ou sur les souches de certaines plantes du potager, elles atténuent les écarts de température. On les maintient avec un peu de branchages ou un voile pour qu’elles ne s’envolent pas. Au printemps, il suffit de les écarter ou de les laisser se fondre dans la terre.

Un abri pour la petite faune

Un jardin trop propre est un jardin appauvri. Un tas de feuilles dans un coin tranquille offre un refuge aux insectes, aux vers de terre, aux araignées et à de nombreux animaux utiles qui passent l’hiver à l’abri. Ces auxiliaires reviendront au printemps aider à réguler les ravageurs. Il n’est donc pas nécessaire de tout ramasser : laisser quelques zones intactes sous les haies ou au pied des arbres est une bonne habitude.

Les précautions à connaître

  • écartez les feuilles visiblement malades, couvertes de taches ou de moisissures, car elles peuvent entretenir certaines maladies d’une année sur l’autre ;
  • les feuilles coriaces, comme celles du laurier ou de certains chênes, se décomposent lentement et gagnent à être broyées avant usage ;
  • sur la pelouse, ne laissez pas une couche épaisse, qui étouffe l’herbe et favorise les mousses ;
  • gardez les allées et les terrasses dégagées, pour éviter les glissades les jours de pluie.

Un geste qui change le regard sur l’automne

Réutiliser ses feuilles, c’est refermer un petit cycle au jardin : ce que l’arbre a donné au sol retourne au sol. On dépense moins en paillis et en terreau, on réduit les déchets à emporter, et on améliore la vie du sol sans effort particulier. La prochaine fois que les feuilles tapisseront votre pelouse, pensez à elles comme à une matière première plutôt que comme un déchet.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Jules Verne Times Two. Licence : CC BY-SA 4.0.

Jean-Marc Tardieu

Jean-Marc Tardieu

Jean-Marc Tardieu a été menuisier avant de prendre sa retraite dans une maison avec un grand terrain en Ardèche. Il écrit sur l'aménagement du jardin et le potager : cabanes, bacs surélevés, outils, récupération d'eau et cultures de légumes. Il construit lui-même tous ses bacs en bois de châtaignier.